créée le mercredi 28 novembre 2018, 12 h 13
modifiée le mercredi 28 novembre 2018, 12 h 21
Plieux, mercredi 28 novembre 2018, dix heures du matin.
D’après les rumeurs qui arrivent jusqu’à moi des cercles “Gilets jaunes”, deux interprétations s’opposent. D’après la première, le Grand Remplacement, le changement de peuple, la substitution ethnique, seraient le non-dit éclatant et la signification profonde du mouvement, qu’il conviendrait d’analyser comme une insurrection in extremis du peuple français naturel contre les forces qui le dépossèdent de lui-même et de sa patrie. Cette lecture de la situation a tout pour me séduire, naturellement. Il faut reconnaître, hélas, qu’elle n’est pas corroborée par grand chose, dans les événements, sinon par le fait que l’immense majorité des Gilets jaunes sont indigènes, semble-t-il, et que les peuples de remplacement, comme s’ils soupçonnaient quelque chose, se sont très peu associés au mouvement, jusqu’à présent, et paraissent même l’avoir ouvertement combattu, ici et là. D’autre part, une ou deux actions isolées — la livraison aux autorités (qui ont dû n’en savoir que faire…) de clandestins interceptés à un poste de douane investi, l’attaque d’une entreprise employant des travailleurs étrangers — pourraient donner à penser, faiblement, que la dimension antiremplaciste, patriotique, “identitaire”, est bien présente chez les protestataires.

L’évidence contraire est plus forte, malheureusement. Plusieurs adversaires de l’immigration, qui ont essayé d’introduire le thème dans les débats et doléances des Gilets jaunes, ont été sévèrement rabroués et même, pour certains, menacés. Il est vrai que cette éventuelle dimension du combat est perçue par les insurgés comme une tentative de récupération par les partis, notamment par celui de Marine Le Pen. Mais il y a surtout, pour empêcher une convergence, au moins de mon point de vue, que les thèmes de revendication le plus souvent mis en avant me posent un net problème, personnellement, puisque je ne puis en aucune façon les assumer — il est vrai que d’autres membres du CNRE le peuvent sans aucune difficulté, eux, de même que mon collègue de “La Ligne claire”, Karim Ouchikh. Non seulement je suis favorable à la dite “taxe carbone”, bête noire des manifestants, mais je réclame depuis longtemps la suppression de l’impôt sur la Fortune, qu’Emmanuel Macron n’a supprimé qu’en partie, en en laissant subsister la partie la plus nocive, celle qui porte sur les biens immobiliers, c’est-à-dire, très significativement, sur l’inscription des lignées dans l’espace et dans le temps. Or le rétablissement de l’impôt sur la Fortune est une des principales revendications des Gilets jaunes, ce que, entre parenthèses, je ne trouve pas très élégant, car il y a une certaine impudeur démagogique, quand on paie peu d’impôt, ou pas du tout, à réclamer que d’autres, qui en paient déjà beaucoup, en paient davantage encore, sans grand profit pour les finances publiques qui pis est. En revanche je suis très favorable à une fiscalité lourdement écologique, et qui porte sur les gros pollueurs et gros consommateurs d’énergie, et pas sur les petits : elle serait certainement plus rémunératrice, pour l’État, qu’un impôt symbolique, purement idéologique et profondément injuste.

Il y a pourtant bien une convergence, entre les Gilets jaunes et moi, et nous antiremplacistes : c’est que ces victimes du système le sont essentiellement, de toute évidence, du remplacisme global. Ils ne veulent pas qu’on mette en avant la dimension ethnique, nationale, patriotique, “identitaire”, de leur combat — soit, même si je le regrette très fort. Mais ils ne peuvent pas nous empêcher de voir très clairement que ce qui les brise, les détruit, les réduit à la misère, les prolétarise, les remplace, les traite comme de purs objets remplaçables à merci (ils peuvent bien crever, ce n’est pas grave, on en a d’autres, et plus jeunes, et moins chers…), c’est la même idéologie (et encore, le mot est bien grand, pour ce pur système managerial de gestion des flux) qui mélange et broie l’homme d’un continent à l’autre, pour ses usines à Matière Humaine Indifférenciée. Qu’est-ce qui rend inévitable et nécessaire la tiers-mondisation des Français naturels ? L’afflux chez eux du tiers-monde (et l’idéal d’égalité, très cher aux contremaîtres des usines à MHI). 

voir l’entrée du mercredi 28 novembre 2018 et son image dans Le Jour ni l’Heure

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