NON. Journal 2013

créée le mardi 16 juillet 2013, 18 h 06
modifiée le mercredi 17 juillet 2013, 17 h 10
Mardi 16 juillet 2013, midi moins vingt.
Mélange de politique et de vie privée — je ne croyais pas si bien dire…

Hier en fin d’après-midi, l’entrée précédente à peine écrite, je me préparais à la mettre en ligne et à l’envoyer à “Boulevard Voltaire” lorsque la cloche sonne, en bas. Je regarde par la fenêtre, subrepticement : ce sont trois femmes, l’une d’entre elles assez âgée, accompagnées d’un enfant, et qui se présentent pour visiter les lieux. Pierre s’en charge, heureusement. Mais à peine ce petit groupe a-t-il commencé son parcours dans nos salles, coup de téléphone : c’est Radio Courtoisie, pour une émission en direct que j’avais complètement oubliée, je dois le dire, avec Henry de Lesquen et le beau Julien Rochedy (le beau Julien Rochedy est un syntagme figé, comme Achille au pied léger, les Achéens aux belles cnémides ou l’ingénieux hidalgo).

J’ai oublié de préciser qu’il faisait terriblement chaud, que je n’avais vu depuis le matin âme qui vive extérieure au service et que j’étais à peu près nu, en tout cas très dépourvu de pantalon ; et que je parlais d’un téléphone fixe ; et que la bibliothèque où je me trouvais comme d’habitude, et qu’en général j’évacue en ces cas-là, est ouverte à la visite comme le reste ; et que donc les trois dames et l’enfant risquaient d’y débouler d’une minute à l’autre et de s’y trouver confrontés, donc, à un spectacle peu décent, à la fois, et peu réjouissant.

J’essaie d’obtenir de Paris deux minutes de sursis, afin de passer un pantalon, au moins, mais ma requête est fermement rejetée (« vous êtes en direct dans quelques secondes ») ; et bien sûr je ne peux l’expliquer, car quel besoin a-t-on d’un pantalon pour parler à la radio ? C’est la bonne vieille structure du cauchemar. Certainement le petit groupe se rapproche, je ne peux ni me cacher ni m’éloigner du téléphone, je parle à Lesquen et Rochedy avec pour témoin toute la France courtoise, m’exprimant de plus en plus vite et priant le ciel d’en avoir fini avant la catastrophe imminente. Je ne sais pas ce que j’ai bien pu bafouiller —­ je devais avoir l’air d’un dément…

Ah oui, il était question de Nicolas Sarkozy. Lesquen est encore plus monté contre lui que je ne le suis, et que le parti de l’In-nocence — je n’aurais pas cru que ce fût possible. Il va jusqu’à lui préférer les socialistes ! Je ne le suivrai tout de même pas jusque-là, même si c’est surtout aux socialistes d’avant Sarkozy, qu’il pense, pas à ceux d’après. Il dit qu’au temps de Jospin l’immigration était moindre que sous l’homme à la Rolex : il n’a pas tort. Mais elle était déjà monstrueuse.

*

Ma “collaboration” avec “Boulevard Voltaire” pourrait bien tourner au cauchemar, elle aussi, bien que je n’aie affaire, dans mes rapports avec la revue elle-même, qu’à des gens charmants. C’est avec leur lectorat que la greffe ne prend pas, dirait-on : erreur de casting, pour parler vulgairement (lui ne se gêne pas…) : moi pour “Boulevard Voltaire”, “Boulevard Voltaire” pour moi, ou en tout cas pour ce journal. Les réactions à ma prose sont majoritairement très négatives.

Que faire ? Je ne peux tout de même pas adapter ce journal pour tâcher de complaire à ce public-là, ce qui serait de toute façon impossible, d’autant qu’entre ses rangs on est assez volontiers homophobe — presque autant que chez Fdesouche, c’est dire, et à peine plus délicatement. Je n’ai pas non plus l’intention d’arrêter mes envois de ma propre initiative, puisque je me suis engagé à y procéder jusqu’au 15 août. Mais si Robert Ménard et sa femme estiment qu’on ne peut pas en continuer la publication, je le comprendrai parfaitement. Après tout les règles de l’in-nocence excluent tout à fait qu’on s’impose (sauf aux nocents, bien entendu…).

   

Quatre heures. Pierre était ce matin à Auch, avec Farid, et dit, ce qui m’a bien étonné, que la ville a très bon air, qu’elle est très en beauté. Plus surprenant encore, il paraît même qu’on y recrépit à tour de bras.

Mon cœur tressaille d’espérance, Antiochus Épiphane : est-ce que commencerait à refluer l’ère de la Grande Pelade (presque aussi redoutable, et aussi efficace pour changer le visage de la France, que le Grand Remplacement) ?

*

À propos du Grand Remplacement des libraires m’écrivent pour me demander comment et dans quelles conditions ils peuvent se procurer ce livre, ou bien Le Changement de peuple, ou encore Les Inhéritiers, pour des clients qui leur réclament l’un ou l’autre. Je ne sais trop que leur dire, puisqu’il faut de toute façon passer par mon site, ou à la rigueur par Amazon (mais l’édition “Lulu”, liée à Amazon, est moins bien que l’édition “Blurb”) ; et je ne vois pas très bien comment peuvent leur être assurées selon ce processus, à moins qu’ils n’opèrent des achats en nombre, leurs chères “conditions libraires”, sur lesquelles ils insistent tous.

Cependant, par chance, la plupart du temps je m’estime dispensé de leur répondre, parce que leurs messages commencent par Bonjour !, se terminent par Cordialement, selon le diptyque maudit, et même, de plus en plus souvent, sont signés de leur seul prénom (ou du prénom, en général féminin, de la personne qui s’occupe de cela dans la maison) — tous détails hautement révélateurs, au demeurant, de l’état culturel et social de la librairie durant le premier quart du XXIe siècle…

(Du moins ces considérations devraient-elles, d’après mes calculs, faire beaucoup pour ma popularité auprès des lecteurs de “Boulevard Voltaire”…)

voir l’entrée du mardi 16 juillet 2013 et ses 2 images dans Le Jour ni l’Heure

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